All’s Weird That Ends Weird Un script de Daria par Elizabeth Thaler empressEKV@aol.com Traduction Claire – onmyneck – zonneuzonneu onmyneck@free.fr Extraits de Roméo et Juliette tirés de la traduction de Pierre Jean Jouve et Georges Pitoëff. NDT : Je n’ai pas traduit le titre, mais sachez que c’est un jeu de mots sur le titre d’une pièce de Shakespeare, All’s well that ends well – Tout est bien qui finit bien. All’s weird that ends weird – quelque chose comme Tout est bizarre qui finit bizarre… Mais ça sonne pas super bien, donc j’ai laissé tombé. Au fait, j’ai demandé l’autorisation de traduire à l’auteur… qui ne m’a pas répondu. Je pars donc sur le principe du ‘qui ne dit mot consent’… 1 – INT. CLASSE D’ANGLAIS DE M. O’NEILL. JOUR La classe est au complet. Des choses à propos de La Tragédie De Roméo et Juliette sont écrites au tableau, dont le mot « catalyseur », souligné. O’Neill : En langage théâtral, un catalyseur est une personne présente tout au long de l’action de la pièce mais qui n’en fait pas réellement partie. Dans Roméo et Juliette, le valet invite Roméo et Benvolio à la fête des Capulet, ne sachant pas qu’ils sont des Montaigu, les ennemis d’épée de son maître. Est-ce que quelqu’un veut commenter son rôle en tant que catalyseur ? (Personne ne lève la main) Jane ? Jane : Je ne pense pas qu’il soit un catalyseur. O’Neill : Et pourquoi ça ? Jane : Il s’agit de toute évidence d’un maître du crime déguisé, dont le but est de détruire les deux familles afin de diriger Vérone d’une main de fer avec ses laquais Infernaux. O’Neill ne sait pas comment réagir. Il se tourne vers Daria, qui ne lève pas la main. O’Neill : Daria ? Daria soupire. Daria : Je ne suis pas d’accord avec Jane. O’Neill : (Soulagé) Bien ! Daria : Ses laquais n’était pas Infernaux. Ils étaient sur le point de laver la Terre de ses péchés en la baptisant dans le sang des Capulet et des Montaigu. Il est clair que le Valet a Dieu de son côté. Pause. Jane : Oh, ouais, Daria a raison. O’Neill : Euh, pour rester plus ou moins dans le même sujet, j’aimerais vous parler de la pièce du lycée de cette année. Daria : (Calmement) Belle transition. Jane : (Calmement) Tu veux dire repli hâtif. Daria : (Calmement) Camembeeert. O’Neill : Je suis très heureux de vous annoncer qu’il ne s’agira pas moins que de l’intemporelle tragédie shakespearienne, Roméo et Juliette. Les auditions commencent demain, et j’espère que j’y verrai chacun d’entre vous ! Jane, Daria, vous avez une vue… unique sur les classiques. Pourquoi ne vous montreriez-vous pas comme d’exemplaires adolescentes dévouées en étant les premières à vous inscrire ? Il brandit la feuille d’inscription. Daria : Je préfère me montrer comme une adolescente exemplairement apathique. 2 – EXT. UNE RUE DE LAWNDALE. JOUR. Daria et Jane rentrent à la maison à pied. Daria : J’arrive pas à croire que tu te sois inscrite. Jane : C’est pas comme si je me prosternais devant la vision artistique de M. O’Neill. Je veux faire chef décoratrice : Roméo et Juliette dans une supérette ! Daria : Pourquoi pas dans une morgue ? Jane : Mon art est perdu parmi vous, ô peuple. Daria : Tu devrais peut-être faire coiffeuse de Quinn. Elle est convaincue qu’en attachant deux bandes de ses cheveux en arrière elle se transformera en Juliette. Jane : Annule les Oscars, cette fille a un clip pour les Cheveux ! Tout ce que j’espère c’est qu’O’Neill marche pour mon idée de décor. Daria : Je ne suis pas sûre qu’elle soit assez « unique ». Jane : Peut-être qu’on pourrait le couvrir entièrement de moquette à poils longs. Daria : Tu parles toujours d’une supérette ? Jane : Bien sûr. Daria : Là tu y es. 3 – INT. THEÂTRE DU LYCEE DE LAWNDALE. JOUR. Plusieurs élèves, dont Quinn (avec les cheveux tirés en arrière), Upchuck, Kévin, Brittany, Jeffy, Joey, Jamie, Jodie et Mack sont dans la fosse, survolant des répliques. Quinn : Bon pèlerin, vous faites injustice à votre main ! Upchuck : … Par son pied fin et par sa droite jambe, sa cuisse frémissante… rrrroar Mack : Mais doucement ! Quelle lumière éclate à la fenêtre ? (soupir) Tu es sûre que je dois faire ça comme ça ? Jodie : Tu es très bien. Mack : Si tu le dis. Kévin : Laisse les lèvres faire ce que font les mains, bébé. Il se dirige vers Brittany, qui l’arrête. Brittany : Pas maintenant, Kévy. On doit d’abord jouer ces répliques. Sur la scène, O’Neill, un porte-documents et des feuilles à la main, parle à Jane. O’Neill : Tes projets sont… audacieux, Jane. Mais j’ai bien peur que nous ne soyons à la recherche de quelque chose d’un peu plus traditionnel. Jane : Vous savez que je plaisantais avec la moquette, non ? O’Neill : Oh. Bien sûr. Il barre quelque chose sur son porte-documents. O’Neill : En tous cas, Jane, je pense que tu devrais peut-être réessayer. Parfois les erreurs ne sont que les pierres qui pavent un gué, nous menant à notre but sur le banc de la rivière. Jane : Et puis quelques fois ce sont des crocodiles mangeurs d’hommes. O’Neill : Il faut que je commence les auditions. Adresse-toi de nouveau à moi quand tu auras un autre concept. Et essaie d’avoir une vision plus… shakespearienne. Il s’avance sur le devant de la scène. Voix (off) : Ne fais pas attention à lui. Il pense que Warhol faisait de la publicité pour des soupes. Jane se retourne. Adam, un technicien de scène trentenaire, se tient devant elle. Il est grand, attirant, avec une petite queue de cheval faite de ses cheveux blonds à moitié propres. Il porte un t-shirt vert foncé, un jean, des bottes à bout renforcé et une ceinture à outils. Il sourit. Adam : Oublie sa pseudo sensibilité aux bons décors de scène. Jane sourit, de toute évidence ‘sensible’ à son charme. Adam tend sa main. Adam : Salut, je suis Adam Churchill, le Directeur de la Technique. Jane : (en la serrant) Heureuse de vous rencontrer, M. Churchill, je m’appelle Jane. Adam : Tu peux m’appeler Adam. Jane : Vous faites partie du personnel du lycée, non ? Adam : Bienvenue dans la Sphère Théâtrale. Tant qu’on n’est pas devant un autre membre du personnel, on peut s’appeler par nos prénoms. Alors du vas faire de la tech avec nous ? Je veux dire, à part gribouiller un château élisabéthain bien défraîchi pour calmer O’Neill. Jane : (Qui n’avait pas prévu ça) Oui. Oui, je vais faire de la tech. Mais je suis assez inexpérimentée en fait. Adam : Pas de problème, on apprend vite. Pour cette pièce on te nommera régisseur assistante. Jane : Et qu’est-ce que tu vas faire ? Adam : Me cacher dans mon bureau jusqu’à l’entracte, quand je compterai l’argent. Jane : Wow. Ça c’est un job de rêve. Adam : Attends voir la semaine avant le spectacle. J’espère que tu aimes le café. Jane : Non, j’utilise seulement les injections de caféine. Ça agit plus vite quand ça monte direct au cerveau. Adam rit. Adam : Viens, laisse moi te faire visiter les lieux. Il la guide vers les coulisses. 4 – INT. THEÂTRE DU LYCEE DE LAWNDALE. Mack et Kévin sont sur la scène avec Adam et M. O’Neill. O’Neill : Maintenant que nous avons fait les groupes – attendez une minute, nous avons encore besoin d’une personne. Mack : Il n’y avait pas assez de gars, ils sont tous dans les autres groupes. O’Neill : (pensif) D’accord, attendez une minute… (appelant en direction des coulisses) Jane ? Jane apparaît, une clef anglaise en main et suivie par Adam. Jane : Y’a quelque chose qui va pas ? O’Neill : J’ai besoin de d’un lecteur en plus pour ce groupe. Est-ce que ça te dérangerait de faire Mercutio ? Jane : Mercutio ? O’Neill : Tu sais, l’acolyte de Roméo. Jane : Pourquoi pas, si M. Churchill est d’accord. O’Neill : Ça ne prendra qu’une minute. Voici ton script, Jane. Oh, ça ne te dérange pas de lire un rôle masculin, j’espère ? Jane : Non, c’est cool. J’aime bien Mercutio. Adam : (Pour lui-même) Oh – ho. 5 – INT. CHAMBRE DE DARIA. JOUR Daria téléphone à Jane. Daria : Tu t’es bien amusée ? Jane : C’était vraiment cool. J’ai appris la Demi-Clef et quand je me démerderai mieux avec les nœuds j’apprendrai le Nœud Coulant et le Poing de Singe. Tu savais que le Poing de Singe était illégal en Angleterre ? Daria : Hin hin Jane : Puis j’ai installé une perche et attaché un réflecteur ellipsoïdal. Adam – le DT – m’a fait faire un tour après les auditions et m’a filé toutes les combinaisons. Adam m’a filé un fourreau pour mon matériel, et il dit que je fais vraiment un super boulot avec l’unité de téléfocalisation. Daria : Donc, pour résumer ton après-midi, O’Neil à jeté ta vision créative dans la corbeille à papier, tu as le béguin pour un prof et tu as appris une langue étrangère. Jane : J’ai pas le béguin pour Adam. Daria : Alors pourquoi tu l’appelles toujours comme ça ? Jane : Les techs sont vachement plus cool que, disons, tous ceux qui font quelque chose d’utile que nous ayons pu rencontrer. Daria : En d’autres mots, pas tout à fait aussi cool que Trent. Jane : Et Adam est vraiment proche de ses étudiants. Daria : Et jusqu’à quel degré de proximité tu comptes aller avec lui ? Jane : Très marrant Daria. Les gars plus vieux sont plutôt de ton domaine, tu te rappelles ? Pause. Daria : Je suppose que je la méritais celle-là. Jane : Tout comme DeMartino mérite un Valium. Daria : Eh bien, je suis contente que tu apprécies cette incursion dans les terres des activités extrascolaires. Jane : Tu sais ce qui est bizarre ? C’est que je suis vraiment persuadée que tu penses ce que tu viens de me dire. Daria : Les tech sont l’élément invisible qui permettent à une pièce d’être réalisée. Quiconque est aussi peu considéré a une haute place dans mon estime. Jane : Ecoute, il faut que j’y aille. J’ai dit à Trent que je l’aiderais à monter ses nouveaux amplis. Daria : Ah bon, pourquoi ? Jane : Disons seulement que j’ai un nouveau respect pour tout ce qui touche les équipements techniques. Daria : Et tu ne fais pas confiance à Trent pour ne pas le casser. Jane : Tu lui ferais confiance, toi ? Daria : Va mon enfant, va là où l’on a vraiment besoin de toi. Jane : Garde ta fierté, ma sœur. Elles raccrochent. 6 – INT. COULOIR DU LYCEE DE LAWNDALE. JOUR Les cours viennent juste de finir. Une foule d’élève se masse autour du mur où est affichée la liste de la distribution de la pièce. Quinn : Oui ! Je savais que ces clips à cheveux allaient me servir ! Brittany : Oh Kévy ! Tu es Lord Montaigu et je suis Dame Montaigu ! C’est pas romantique ça ? Kévin : Ouais bébé, bien sûr. J’aurai une épée ? Upchuck se tient près de Sandy, Stacey et Tiffany. Upchuck : (à Sandy) Je suis le Prince de Vérone, mon chou, mais un jour je serai Roi. Ça t’intéresserait de partager le trône avec moi ? Sandy : Bon, d’accord, on fait les costumes. Maintenant éloigne-toi avant que j’utilise mon spray anti-agression. Upchuck : Mrroou, Sauvage ! Il s’en va. Jane passe, son matériel à présent rangé dans un fourreau, avec un crochet pour mettre une tasse. Elle s’arrête en entendant la conversation de Mack et Jodie. Jodie : Tu ne peux pas laisser tomber, tu es la vedette ! Mack : J’ai seulement tenté ma chance pour que tu ne finisses pas en face de Kévin. Maintenant je suis en face de Quinn. Pas étonnant que Roméo se suicide. Jane : Attends une minute. Quinn joue Juliette, (à Jodie) et tu n’as pas été choisie ? Est-ce que je suis la seule à entendre le Barde Immortel se retourner dans sa tombe ? Jodie : J’ai été choisie. Je joue la Nourrice. Je suis contente de ce rôle. Mack : Mais ta mère ne le sera pas. Jodie : Ouais, et elle a plutôt raison. Je veux dire qu’elle n’a pas élevé sa fille dans l’intention d’en faire une domestique. Jane : Ça dépend du point de vue : on peut aussi dire que tu es la seule fille du lycée qui peut tout jouer à part les ingénues. Jodie : Toi exceptée. Mack : Ouais, j’aurais préféré que tu aies été choisie pour jouer la Nourrice, comme ça Jodie aurait pu jouer Juliette. Jane : Moi ? J’ai pas auditionné. Jodie : Mais tu as été choisie. Jane : Quoi ! ? ! Elle se fraie un chemin jusqu’à la liste. Elle cherche son nom, puis s’arrête, surprise. Jane : (Contente) Wow. Mercutio. Mack : C’est assez marrant, hein ? Tu joues mon acolyte. Jane : Pourquoi ça serait tellement marrant ? Lui et Jodie se regardent. Jodie : Pour rien. Jane hausse les épaules. Evan (voix off) : Félicitations, Jane. Elle se tourne et voit Evan qui se tient en face d’elle, les bras croisés. Jane : Oh. Evan. Pourquoi ce soudain intérêt pour le théâtre ? Ton domaine c’est pas plutôt les pistes et les manipulations injustes du système scolaire ? Evan : Je suppose que tu n’as pas lu la liste, hein Lane ? Je suis ton maître. Jane : Mercutio est un gars, Evan. Et je ne pense pas que l’interprétation d’O’Neil soit aussi progressiste. Evan : Je joue Tybalt. Tu sais, celui qui te tue ? Jane : Oh ouais, l’infect idiot qui ruine tout. Félicitations, Evan, tu romps réellement une lance pour le casting personnalisé universel. Evan : C’est toi qui joues l’acolyte de Roméo. Mais ne t’inquiètes pas pour moi, Lane, tu n’auras pas affaire à moi très longtemps. Ça devrait te prendre à peu près une semaine pour tout laisser tomber. Il sort. Jane : Je déteste ce gars. Mack : T’inquiète pas pour lui, vous êtes seulement ensemble pour cette scène. Et quand Roméo tue Tybalt, je le poignarderai un coup en plus spécialement pour toi. Jane : Merci. Espérons que j’arrive à me retenir de faire la même chose. 7 – INT. CHAMBRE DE JANE. JOUR Daria et Jane sont assises sur le lit. Jane : C’est trop cool ! C’est le meilleur personnage ! Daria : Mercutio ? Tu veux dire l’acolyte de Roméo ? Jane : Pourquoi est-ce que tout le monde dit toujours ça ? Daria : Alors comment tu en es arrivée là ? Je pensais que tu étais en plein dans les clefs anglaises et les scies à main. Jane : Ben, je travaille toujours sur le décor. Et j’en ai parlé à Adam, et il paraît que c’est lui qui a donné l’idée à O’Neill. Il a vu mon audition et a pensé que j’étais vraiment bien, et considère que je devrais m’amuser cette fois et faire la tech une autre fois. Daria : Oh, je vois. Tu le fais parce que le prof de tes rêves t’a dit de le faire. Tu pouvais pas seulement lui donner une pomme, ou lui faire un massage complet du corps ou quelque chose comme ça ? Jane : Si je ne te connaissais pas aussi bien, je dirais que tu es jalouse. (Pause) Désolée, je trouvais rien d’autre à dire. Daria : Je vais t’exposer la situation franchement : ma sœur sera aux côtés de Mack, tu seras aux côtés d’Evan alors que tu flirtes avec un prof, et la séculaire réputation de Shakespeare est sur le point d’être salie pour toujours. Jane : Plus ou moins. Daria : Pas moyen d’y échapper. Je n’ai absolument pas le choix. Jane : Quoi ? Daria : Je dois participer. Je ne raterais cette farce pour rien au monde. Jane : Cette tragédie. Daria : Les deux. Jane : Eh bien, maintenant que tu nous as rejoints dans le Côté Noir de la Force, Adam a besoin d’un nouvel assistant régisseur. Tu pourrais faire ça. Daria : Je sais pas… ça demande d’obéir aux ordres des autres, non ? Jane : C ‘est ta seule porte d’entrée. A moins que tu n’aies envie de t’occuper des costumes et du maquillage avec les Modettes. Daria : Je pense que j’utiliserais mieux mon énergie en commençant ma lettre de suicide. Jane : Donc c’est d’accord pour être assistante de régie. Waow, Daria, tu es en train de faire… quelque chose… volontairement. Daria sourit à moitié – elle a un plan. Daria : Volontairement ? Ça reste entre toi et moi. 8 – INT. CUISINE DES MORGENDORFFER. MATIN Jake : Juliette ? Bien joué, poussin ! Pourquoi tu ne nous as pas dit que tu auditionnais ? Hélène : Elle l’a fait, Jake, hier matin pendant le petit-déjeuner. Jake : Elle te l’a dit ? Tu sais, je commence à en avoir marre d’être laissé de côté dans cette famille ! Je suis ton père, merde, je veux que tu me parles de tout ça ! Daria : Elle l’a fait, Papa, tu étais juste là. Jake : Pas de sarcasmes, jeune fille. Je suis sérieux ! Quinn : Je te l’ai dit, Papa. Tu m’as même souhaité bonne chance et tout. Jake : Eh bien je le savais ! Bien sûr que tu me l’as dit ! Hélène n’arrive pas à réagir autrement qu’en le regardant fixement. Jake : Je dois aller aux toilettes. Il se lève et sort par la porte de derrière et quitte la maison. Daria prend son journal. Daria : (Nonchalamment, tout en feuilletant le journal) Tu prends ça plutôt bien, Maman. Hélène : Oh, je suis mariée avec lui depuis des années, ma chérie. Daria : Je parle de la pièce de Quinn. Hélène : Ah, oui, bien sûr. De quoi parles-tu ? Daria : Tu sais bien, tout ce qui se passe pendant ces répétitions… Hélène : Qu’est-ce qu’il se passe ? Quinn : (Intriguée) Ouais, qu’est-ce qui se passe ? Daria : Ils doivent rester pour répéter jusqu’à assez tard le soir. Et des trucs bizarres se passent quand ils ne sont pas sur scène. Dans les loges, dans les toilettes, les coulisses… Hélène : Daria, chercherais-tu des problèmes ? Daria : Je me préoccupe seulement pour ma petite sœur. Hélène : Désolée ma chère. Tu viens juste de perdre toute ta crédibilité. Daria : Merde. Je savais que j’aurais pas dû utiliser la psychologie inversée. Hélène se lève de table. Hélène : Bon, il faut que je parte. Bien essayé pour la manipulation chérie mais il faut encore que tu t’entraînes. Elle sort. Quinn : Mon Dieu Daria. Qu’est-ce que tu peux être futile. Elle part. Daria reste immobile pendant un instant puis retourne à son journal. Jake revient timidement. Jake : (Sortant son portefeuille) Combien veux-tu pour garder un œil sur ta sœur ? Daria : T’as tout entendu ? Jake la regarde d’un air ahuri. Daria pose le journal. Daria : Combien tu as ? 9 – INT. COULOIR DU LYCEE DE LAWNDALE. JOUR Après les cours. Daria et Jane se dirigent vers le théâtre. Jane : Donc tu as été soudoyée pour faire quelque chose que tu voulais déjà faire. Bon boulot. Daria : C’était trop facile. J’ai réellement été pathétique sur ce coup-là. Jane : Mais ta mère a payé. Daria : Non. J’ai dû m’adresser à Papa. Jane : Ow. Tu es rouillée. Elles entrent dans le théâtre. 10 – INT. THEÂTRE DU LYCEE DE LAWNDALE Pendant que les acteurs se rassemblent sur la scène, Daria scrute les coulisses. 11 – INT. COULISSES DU THEÂTRE Daria pénètre dans la semi-obscurité des coulisses, observant autour d’elle les divers rideaux et installations électriques et apparentés. Voix (off) : Perdue ? Daria se retourne et voit Adam qui la regarde. Daria : J’ai pris un raccourci vers la maison de mère grand. Vous êtes M. Churchill ? Adam : (Tendant une main, que Daria serre) Adam. Et toi, tu es ? Daria : Daria. Adam : Oh, je vois, Jane m’a parlé de toi. Daria : J’espère qu’elle n’a pas parlé de nos opérations top secret. Adam : Seulement la localisation de votre quartier général secret. Impatiente d’être Assistante de Régie ? Daria : Eh bien… Je fais quoi ? Adam : Esclave et baby-sitter. Daria : Pardon ? Adam : Tu fais tout ce que je te dis de faire, tu fais tout ce que le Régisseur te dit de faire, tu fais tout ce que O’Neill te dit de faire (sourire), dans cet ordre. Tu t’assures que les acteurs ne cassent ou ne perdent pas leurs accessoires, et tu t’assures que les acteurs ne se cassent ou ne se perdent pas eux-mêmes. Kévin et Brittany se promènent dans les coulisses. Kévin : Chais pas bébé. T’es sûre que c’est par ici la chaufferie ? Brittany se cogne dans une échelle. Brittany : Aou ! Adam et Daria soupirent. 12 – INT. THEÂTRE DE LAWNDALE. NUIT Après la répétition. Tout le monde rassemble ses affaires et se prépare à partir. Jane est sur la scène, elle met un script dans son sac. Adam approche. Adam : T’as fait du bon boulot aujourd’hui. Jane : (En dissimulant son plaisir) Oh, tu regardais ? Adam : J’ai vu quelques bouts en passant. J’ai aussi regardé quelques-unes de tes esquisses de décor, Jane. Jane : Oh ? T’en penses quoi ? Adam : Tu as de bonnes idées, mais tu dois apprendre à les organiser. La conception de décors a des méthodes spécifiques, avec des échelles et des symboles. Ton dessin final dont être comme un plan, d’après lequel l’équipe construit le tout. Jane : Oh. Je vois. Adam : Je sais qu’il est tard, mais si tu as une demi-heure ou à peu près, je peux te montrer les bases. Jane sourit. Jane : OK. Bien sûr. Ils sortent de la scène. Près de là, Brittany les regarde tandis que Jodie range son script. Brittany : C’est qui lui ? Jodie : (Qui regarde) Oh, c’est M. Churchill. C’est le prof de tech. Brittany : (Perdue dans ses pensées) Un prof… Excuse-moi. Elle sort. Jodie hausse les épaules. 13 – INT. THEÂTRE DE LAWNDALE. JOUR Deux semaines plus tard. Le décor est à moitié installé. Quinn et Jodie sont sur scène, sans script. Jodie : Je suis éreintée ; laissez-moi le temps de souffler. Là, que mes os me font mal ! Et j’en ai fait une trotte ! Quinn : Je voudrais que tu eusses mes os et moi tes nouvelles ! Viens, je t’en supplie, parle, bonne Nourrice, parle ! O’Neill : Très bien, les filles. Mais parlons un peu du symbolisme utilisé par Shakespeare… Mack et Kévin sont assis au fond de la salle. Mack : (Couvrant la voix d’O’Neil dans le fond) Kévin, Je pense vraiment pas que Jane ait une aventure avec M. Churchill. Kévin : Je plaisante pas, mon frère ! Brittany les a vus ensemble et tout ! Mack : (Sceptique) Elle les a vus faire quoi ? Kévin se penche et murmure quelque chose en souriant. Mack : Je crois pas, Kévin. Ça aurait cassé l’aquarium. Daria s’assoit dans le devant de la salle avec un script et un porte-documents. Adam approche. Adam : Comment ça va, Daria ? Daria : Ça a intérêt à devenir amusant très bientôt. Adam : Comment ça, ça ne t’amuse pas de souffler les répliques ? De tailler des crayons ? D’aller chercher des accessoires ? Daria : De me trancher les veines ? Adam : (Souriant) Ça vaut le coup. Et pendant la représentation c’est vraiment amusant. Daria : Comme un canal navigable, j’en suis sûre. Adam : Considère-le comme ça : tu as l’occasion inespérée d’assister à la destruction d’une œuvre classique et ceci au premier rang. On ne voit pas ce genre de carnages tous les jours. Daria : De toute évidence, vous ne vivez pas avec votre famille. O’Neill (voix off) : Adam ? Ils lèvent les yeux. Jane est sur scène avec Evan, les bras croisés. O’Neill est avec eux. O’Neill : Daria, je dois parler du décor à M. Churchill. Jane et Evan vont jouer leur scène pendant que je serai parti. Daria : Euh, OK. Adam hoche la tête à Daria et sort en suivant O’Neill. Daria : Mack, Paul, c’est à vous pour celle-ci. Mack et Paul, le gars qui joue Benvolio, montent sur scène. Pendant ce temps, Kévin parle avec Jodie et Brittany dans le fond du théâtre. Jodie : Jane et M. Churchill ? Kévin : Ouais, absolument. Jodie : Je sais pas, Kévin. Je n’ai vu aucune marque sur son cou. Kévin : Pas son cou, mon pote ! Jodie fait de grands yeux. Sur la scène, la répétition a commencé. Jane, en Mercutio, est assise d’un air morose à la droite de la scène, en bas, avec Paul, en Benvolio, en haut et à sa gauche. Paul : Par ma tête, voilà les Capulet. Jane : Par mon talon, ça m’est bien égal. Evan entre, en Tybalt, et reste à gauche de la scène. Evan : Seigneurs, bonsoir. Un mot à l’un de vous. Jane se tient debout mais ne se rapproche pas. Jane : Et rien qu’un mot à l’un de nous ? Accouplez-le à quelque chose ; faites-en un mot et un coup. Evan : (Lui-même, d’un ton offensif) Tu es censée te rapprocher à ce moment-là. Jane : Non, je suis pas censée faire ça. Evan : Si, tu es censée le faire. Quand tu dis « faites-en un mot et un coup ». Jane : O’Neill a dit de ne *pas* me rapprocher à ce moment-là. Tu vas te calmer maintenant ? Evan : Me calmer ? Tu veux dire faire semblant d’avoir tort ? Jane : (Impatiemment) Daria, c’est écrit sur ta feuille. Daria : (En regardant les notes sur son script) Jane a raison. Elle se rapproche plus tard. Mack entre par la droite de la scène. Mack : Y a-t-il un problème ? Evan : Ouais. Jane essaie de foutre la scène en l’air, et elle a sa complice de crime là en bas qui essaie de l’aider. Jane : Quoi ? Daria : Euh – hum. Jane : C’est toi qui essaie de tout foutre en l’air, Evan. Tu vas un peu me laisser en paix ? Moi au moins j’essaie de te tolérer. Evan : De me tolérer ? Toi et ta perdante de copine vous vous liguez contre moi. Daria plisse les yeux. Jane : Tu as une artère qui bloque dans ton cerveau et ma copine est une perdante. Merci Evan, tout est clair maintenant. Evan : Oh, j’ai dit que ta copine était une perdante ? Je ne voulais pas t’exclure. C’est marrant les rumeurs que j’ai entendues à propos de toi et d’un prof, Jane. Je suppose que tu n’arrivais pas à t’en trouver d’autre. Jane : D’accord, espèce de suffisant petit – Elle est sur le point de le frapper, mais Mack la retient vite tandis que Paul tire Evan en arrière. Jane : Allez, laissez moi le frapper une fois. Mack : Tu pourras plus tard. Tu ne veux quand même pas qu’il ait un œil au beurre noir pour la représentation. Jane : Je pourrais le frapper à un endroit que son costume couvrirait. Au fond de la salle, Kévin est assis avec Jodie et Brittany. Kévin : Mon pote, je me demande ce qui se passe là devant ? Jodie : (Sèchement) Evan doit être jaloux de cette grande aventure entre Jane et M. Churchill. Le plan s’agrandit et révèle un M. O’Neill horrifié qui se tient juste derrière eux. 14 – INT. THEÂTRE La distribution, en costumes, grouille dans les premiers rangs de la salle. O’Neill est sur la scène et tente de s’adresser à eux. O’Neill : Maintenant que nous allons commencer cette répétition générale en costumes, je veux que vous vous souveniez tous – Daria fait son apparition en sortant des coulisses, avec un casque de type talkie-walkie sur la tête. Daria : A vos places dans cinq minutes ! La distribution : Merci ! Daria retourne dans les coulisses. Daria : (Dans son casque) Au moins ce job n’est pas totalement dénué de reconnaissance. Sur scène, Quinn, en costume, parle avec le reste du Club de Mode. Quinn : Sandi, c’est vraiment un super costume et tout, mais tu as fait une poitrine trop petite. Sandi : Qu’est-ce que tu veux dire, Quinn ? Quinn : Ça étrangle mes seins ! Tiffany : On a pris tes mensurations, Quinn. Stacey : Ça doit aller. Quinn : Et bien ça ne va pas. Peut-être que tu l’as mal coupé. Sandi : Ou peut-être seulement que tu as grossi du dos. Quinn fulmine. Au premier rang, O’Neill se rapproche de Jane. O’Neill : Euh, Jane ? Jane : Ouais ? O’Neill : Je me demandais, tout va… bien ? Jane : Ouais… O’Neill : Parce que si jamais tu as quelque chose à partager, tu peux toujours venir me voir. Jane : Merci M. O’Neill… Je m’en souviendrai. Elle sort, laissant O’Neill qui la regarde d’un air soucieux. 15 – INT. THEÂTRE Plan latéral de la répétition en costumes, en contre-plongée. Mack et Quinn sont en tenue de mariage et sont agenouillés devant Frère Laurent. Mack : (En Roméo) Ah Juliette, si la mesure de ta joie Est comblée comme la mienne, Et si ton adresse est plus grande A en dire la louange, embaume alors de ton haleine L’air alentour et que la riche musique de ta langue Déploie l’image du bonheur que l’un de l’autre En cette chère rencontre nous recevons. Quinn : (En Juliette) La pensée plus riche en matière qu’en parole Se glorifie de sa substance et non pas de son ornement ; Il n’y a que les mendiants qui puissent compter leur richesse. Mon vrai amour a grandi jusqu’à tel excès Que je ne puis plus faire la somme De la moitié de mon trésor. Mack enfile un anneau au doigt de Quinn et ils s’embrassent. Régisseur (voix off) : Daria, sois plus discrète quand tu es dégoûtée. J’essaie de passer un signal. Le plan s’élargit et montre Daria, avec son casque, regardant des coulisses. Le Régisseur est une femme. Régisseur : (voix off) En avant signal 43. La scène se retrouve dans le noir complet. Régisseur : (voix off ) Remontez les lampes d’intérieur pour l’entracte. Félicitations, nous sommes à la moitié de la répétition en costumes. Daria s’en va pour enlever son casque. Régisseur : (voix off) Et Daria, si tu sors apporte-moi un soda à l’orange. Daria : Oui Maître, mais comment allez-vous utiliser vos deux autres souhaits ? Régisseur : (voix off) Une barre chocolatée. Daria : Et je suppose que pour le troisième vous voudrez un cerveau pour votre monstre. Igor et moi devrions former un syndicat. 16 – INT. LOGES. Les acteurs décompressent, en discutant. Jane est seulement à moitié costumée – son costume comporte une sorte de veste portée sur une chemise blousante et elle est en train d’essayer d’y fixer une poche avec des épingles de sûreté. Jane : Mais tu vas tenir, espèce de stupide – Daria : (voix off) T’as besoin d’aide ? Jane se tourne et voit Daria, qui porte deux sodas et une barre chocolatée. Daria : Ou est-ce que je dois seulement te le tenir pendant que tu shootes dedans ? Jane : Je ne peux pas mettre cette stupide épingle sans percer le sac. Daria pose la nourriture et lui prend les épingles des mains. Jane lève son bras pour lui laisser de la place. Daria : (en épinglant) Tu pense que ça marchera ce truc du faux sang ? Jane : Sûr. Evan me poignarde sous le bras et je presse la poche pour que le sang gicle dehors. J’avais aussi pensé en apporter une en cours d’histoire et m’écrouler sur le sol avec. Daria : Avec M. DeMartino ? Ton appendice pourrait exploser qu’il te dirait d’arrêter de gémir. Et puis il t’enverrait en colle pour avoir dérangé son cours. Elle a fini, et Jane enfile son espèce de veste. Jane : Ouais, je l’avais prévu. C’est pour ça que le fais en cours d’anglais. 17 – INT. THEÂTRE Moitié de la scène principale de Jane. Jane et Paul se tiennent derrière Mack, auquel Evan s’adresse. L’épée de Jane est tirée, mais elle n’est pas en garde. Evan : Roméo, l’amour que je te porte ne peut trouver Meilleure expression que celle-ci : tu es un lâche. Mack : Tybalt, la raison que j’ai de t’aimer Excuse la rage d’un pareil salut ; Je ne suis pas un lâche ; donc adieu Car je le vois, tu ne me connais pas. Evan : Mon garçon, ceci ne peut excuser les injures Que tu m’as faites : tourne-toi et combats ! Mack : Je proteste, jamais je ne t’ai fait injure, Et je t’aime à un degré que tu ne peux imaginer : Ainsi, bon Capulet – et ce nom, il m’est cher Tout autant que le mien – sois satisfait. De rage, Tybalt (Evan) tire son épée et se précipite sur Roméo (Mack). Mercutio (Jane) se jette entre eux et évite la lame. Jane : Calme déshonorant ! Abjecte soumission ! (Elle le pousse en arrière) Tybalt, chercheur de rats, voulez- vous faire un tour ? Ils se tournent lentement autour. Evan : Qu’est-ce que vous voulez de moi ? Jane : Bon Prince des Chats ! rien qu’une de vos neuf vies. Voulez-vous tirer votre épée par ses oreilles ? et faites vite, sinon la mienne va être sur vos oreilles avant que la vôtre ne soit dehors. Evan : Je suis à vous. Mack : Rentre ton épée, bon Mercutio. Jane : Allons, Monsieur, votre passado ! Ils se battent. Mack : Dégaine, Benvolio ; abattons leurs armes ! Seigneurs, par pudeur, empêchez cet outrage ! Arrête, Tybalt ! Bon Mercutio ! Roméo (Mack) tire Mercutio (Jane) en arrière pour arrêter le combat. Tybalt (Evan) se jette sur elle et la frappe, atteignant violemment ses côtes. Jane : Aïe ! Regarde ça ! Un liquide rouge coule sur le sol. Evan : (Méchamment) Tu es censée faire sortir le sang en pressant sur la poche, et pas la déchirer. Jane : (En se tenant le côté) Tu m’as poignardée exprès ! Ce truc en plastique fait mal ! Daria arrive sur la scène. O’Neill arrive de la salle. O’Neill : Tout le monde va bien ? Jane : Tu es censé passer sous mon bras. Evan : Tu as foiré toute la scène. Tu as l’intention de faire la même chose demain soir ? Jane : (Tout à coup terrorisée) Je – Daria : Allez viens. Va nettoyer ton costume. Evan : (Railleur) C’est vraiment le bordel sur cette scène. Vous ne pouvez donc pas faire boulot correctement, vous les techs ? Vous êtes tellement incompétents ! Daria le regarde avec colère, puis mène Jane aux coulisses. Daria : Il ferait mieux d’être prudent. Il se pourrait bien que je sois assez incompétente pour laisser une lampe mal vissé. Juste au-dessus de sa tête. 18 – INT. COULOIR DU LYCEE DE LAWNDALE Le lendemain après les cours. Daria, habillée en noir de la tête aux pieds, ferme son casier. Jodie et Mack sont là, en costumes. Mack : Hé Daria, tellement optimiste à propos du spectacle de ce soir ? Daria baisse le regard sur sa tenue à la couleur peu heureuse. Daria : C’est un truc de tech. Quand on porte du noir sur scène, on peut faire comme si on était invisible. J’ai oublié de dire à Churchill que c’était trop tard. Pourquoi vous êtes en costumes ? Jodie : On est tous sortis de classe plus tôt pour se changer. Mack : Ouais, mais Jane ne s’est toujours pas montrée. Est-ce que tu l’as vue ? Daria : Pas depuis le cours d’Histoire. Mack et Jodie échangent un regard soucieux. Daria : Elle doit avoir oublié. Si je la vois, je le lui rappellerai. Jodie : Merci. Ils partent. Daria descend le couloir. Elle s’arrête tout à coup et se retourne. Un casier a retenu son attention – un lacet de rangers pend hors de celui-ci. Daria approche et ouvre la porte, et trouve Jane qui s’est fourrée à l’intérieur du casier. Jane hausse les sourcils en guise de salutation. Daria : Ça, je ne peux pas y croire. Jane : Salut Daria. Pause. Daria : Est-ce qu’il faut vraiment que je pose la question ? Jane : Le concierge m’a jetée de son placard à balais. J’avais pas d’autre endroit où me cacher. Daria : Te cacher ? Jane : J’ai… un peu le trac. Daria : Oh. T’as besoin de parler ou un truc comme ça ? Jane : Je pense que c’est ce qu’on est censé faire dans des situations pareilles. Daria : Bon… sors de là, et allons partager un bon café parfumé. Coup. Jane : Je suis coincée. Daria : Tu peux oublier ta carrière comme Ahurissante Chaise Pliante Humaine. Jane : Ouais. Je suppose que je vais devoir étudier la médecine plutôt. Daria prend Jane par les poignets et la tire brusquement du casier. Elle atterrit sur ses pieds comme une fleur. Jane : Super. J’espérais que tu n’arrives pas à me sortir de là et qu’O’Neill soit obligé de me remplacer en tant que doublure. Daria : C’est quoi toutes ces histoires ? Jane : Je sais pas. Evan, je suppose. Ces derniers jours… J’ai du mal à croire comment il a agi ! On n’a pas pu finir une seule scène sans que je me le mette à dos ! Des fois j’ai l’impression qu’il a seulement auditionné pour me faire chier. Daria : Il a découvert que tu faisais de la tech, a auditionné, t’a manipulé afin que tu fasses partie de la distribution avec un rôle plus important que le sien, tout ça dans le but de te faire essayer de le frapper. Diabolique. Jane : Daria, tu veux pas essayer de rester avec moi ici ? Daria : Ne le laisse pas te déstabiliser. C’est ce qu’il veut. De toutes façons, tu t’en fous de ce qu’il pense, non ? Jane : Non. Je sais pas pourquoi il me tape tellement sur les nerfs. Il devient vraiment désobligeant, tu sais ? Et puis là, à la répétition en costumes – il m’a vraiment terrorisée, à propos de foirer ma scène de mort. S’il me pique de nouveau, je pourrais bien bousiller tout le truc avec le sang. Daria : Si ça peut te consoler, tout le monde à la tech déteste Evan. Plus qu’aucun autre acteur. Jane : Plus qu’Upchuck ? Daria : Il ne nous a pas vraiment dérangés. Ça doit être notre air autoritaire. Jane : Ou votre accès aux outils puissants. Daria : Ecoute, la meilleure façon de laisser Evan gagner c’est de le laisser te déstabiliser. Si tu l’oublies purement et simplement, tu seras géniale, et lui se sentira comme le gros con qu’il est. Alors fais ce que tu veux faire, ce que tu aurais fait de toutes façons. Jane : Ouais. Je vais donner un spectacle parfait, juste pour le vexer. Daria : Ben, c’était pas tout à fait ce que je voulais dire, mais tu as fini ta scène ? Jane : Ouais. Daria : Alors je vais pas m’étendre sur les détails. (Elles marchent) Cette petite discussion t’a-t-elle aidée ? Jane : A coup sûr. Encore cinq minutes là-dedans et j’aurais plus été capable de marcher. Daria : Contente d’avoir pu être là pour toi. 19 – INT. THEÂTRE Le spectacle. Jane, Mack, Paul et Evan sont sur scène, comme plus tôt. Mack : (En Roméo) Arrête Tybalt ! Bon Mercutio ! Il attrape Jane par derrière. Evan la poignarde et elle tombe, parfaite, le sang filtrant à travers sa chemise. Evan sort en courant, laissant Jane sur le sol, dans les bras de Mack, Paul à ses côtés. Jane : Je suis blessé. La peste sur vos Maisons. Je suis expédié. Il est parti ? Et il n’a rien, lui ? Paul : Tu es blessé ? Jane : Oui, une égratignure. C’est assez. Va coquin, cherche un chirurgien. Mack : Courage, ami ; la blessure n’est pas grande. Jane : Non, elle n’est pas aussi profonde qu’un puits, ni aussi large qu’une porte d’église. Mais elle suffira, elle servira ; demandez-moi demain et vous trouverez un homme bien grave. La peste sur vos Maisons ! ( Elle grimace de douleur) Et pourquoi diable vous êtes-vous jeté entre nous ? J’ai été touché par-dessous votre bras. Mack : Je voulais faire pour le mieux. Jane : (S’affaiblissant) Aidez-moi jusqu’à une maison, Benvolio, Ou je vais m’évanouir. – La peste sur vos deux Maisons ! Elles ont fait de moi une viande pour les vers. Je l’ai, et rudement bien. Vos Maisons ! Jane meurt. 20 – INT. COULISSES Daria sourit. 21 – INT. THEÂTRE Salut final. Sous un tonnerre d’applaudissement : Joey, Jeffy et Jamie (en Sampson, Grégoire et Abraham) s’avancent sur la scène et saluent. Kévin et Brittany s’avancent et saluent. Paul et Jodie s’avancent et saluent. Evan et Jane s’avancent et saluent, d’abord Evan puis Jane. Quand Jane salue, les applaudissement redoublent, et plusieurs personnes du public se lèvent. Jane sourit. 22 – INT. LOGES Tous les autres sont partis. Daria attend à côté du sac de Jane, qui est entouré de plusieurs bouquets de roses. Jane se change derrière un rideau. Daria : T’es bientôt prête ? Jane : Garde tes rangers. Mon fourreau est coincé dans mon pourpoint. Elle émerge, habillée, et continue à mettre ses boucles d’oreilles et met son rouge à lèvres. Jane : Je dois avouer que cet endroit me manquera. Où d’autre suis-je amenée à entendre parler de la taille de soutif de Quinn ? Daria : Tu pourrais échanger ton identité avec moi. Jane : Ou intégrer le Club de Mode, mais je ne sais me servir ni de miracles, ni d’une mitraillette, donc les deux options sont exclues. Et toi, ça te manquera, ton casque, ton porte-documents, ta servitude eux êtres plus documentés que toi ? Daria : La tech c’était pas si mal. A part vous autres acteurs qui me couraient autour. Jane : Mais que feriez-vous sans nous ? Daria : Des son et lumière. Quelqu’un pousse la porte, l’entrebâille, et Trent passe sa tête à l’intérieur. Trent : Jany ? Daria ? Il entre après les avoir vues. Jesse le suit, un bouquet de fleurs à la main. Jane : (Attrapant une fausse épée qui traînait dans le coin et prenant une position d’attaque) Daria, des intrus ! Elle feint quelques coups dans la direction des deux malchanceux tandis qu’ils reculent pour éviter sa ‘lame’. Daria : (Impassible comme toujours) Dois-je libérer la meute ? Jane : (Baissant son arme) Ils ont réussi à traverser l’huile bouillante. Ils doivent être dignes de notre audience. Trent : Vous êtes prêtes à partir ? Jane : (Posant l’épée) Pourquoi si tôt, Trent ? Jesse : Tous ces Lycéens. Ils arrêtent pas de nous mater. Jane : Oh, tu sais, ils pensent que vous êtes mystérieux et intéressants. Bien sûr nous on vous connaît mieux. Daria : Allez, on va à la fête de la distribution. Jane : Tu veux y aller ? Daria : Sûr. Tu mérites un peu d’attention des masses. Jane : (Avec méfiance) Comme tu es attentionnée. Daria : Et je veux voir combien de personnes je peux barbouiller de faux sang. Jane : Ça paraît plus réaliste. Trent : Fête de la distribution ? Jane : Ouais, tu veux y aller sans invitation ? Trent : Je sais pas… Jane : Allez, on a besoin d’un chauffeur pour rentrer à la maison. Et tu me dois de l’argent. Continuellement. Trent : C’est cool, Jesse ? Jesse : Ouais, totalement. Trent : OK. Mais j’ai envie d’avoir affaire avec aucun Lycéen. Daria : T’inquiète. Ils seront trop occupés à parler de toi pour se déranger à parler avec toi. 23 – INT. MAISON DE MACK, SALON Fête de la distribution. Toute la distribution grouille dans la maison, dansant et papotant. Excepté, bien sûr, nos héros, qui se tiennent tous les quatre, distants, dans un coin. Pause. Jane : Waow. Heureuse d’être venue *ici*. Jesse : Peut-être qu’on devrait aller voir le reste de la maison. Daria : Pas la peine. Salon – danse, potins acharnés, et brevages « factices » sans alcool. Cave – vraies boissons et pelotage. Salle de jeux – débordements de la cave. Cour extérieure – assortiment d’activités illégales et de bouffonneries saccageuses de maison. Jane : Waow. Tu es une vraie experte, Daria. On dirait vraiment que tu es allée à plus de deux fêtes dans ta vie. Alors qu’en advient-il de ta croisade sanglante ? Daria : Kévin m’a captée. J’ai dû le vider dans le punch. Trent : C’est pas toxique ce truc ? Daria : Je l’ai mis dans le punch sans alcool. Personne n’y touchera. Trent : J’ai vu des cannettes de soda. Quelqu’un en veut une ? Jane : Ouais, sûr. Daria, pourquoi tu ne l’aiderais pas à les porter ? Il n’a que deux mains, après tout. Pause pendant que Daria essaie de trouver une façon de refuser. Elle ne peut pas. Daria : Euh, OK. Ils traversent la salle. Trent : C’était vraiment un bon spectacle ce soir, Daria. Daria : Merci beaucoup. Jane était vraiment contente que tu sois venu. Trent : Je savais qu’elle serait géniale. Elle a des affinités avec la scène, comme moi. Daria : Mmm. Shakespeare… Mystic Spiral. Il la regarde, un sourcil levé. Daria. : Ça me va. Ils atteignent les sodas et s’en répartissent quatre entre eux. Daria : Toi et Jesse vous devez être vraiment proches pour qu’il soit venu ici. Trent : Ouais, ça fait un bout de temps qu’on se connaît. Et il aime bien Jany. Daria : (Regardant par-dessus l’épaule de Trent) Ah ouais, je vois. Trent suit son regard. Jane et Jesse, main dans la main, s’éclipsent rapidement par une porte près de là. Trent plisse les yeux. Trent : Daria, est-ce que cette porte mène à – Daria : (Sèchement) A la cave. Jane réfléchit vite. Trent : Je peux pas y croire. Il sort furieux, dans un coup de vent et les suit en passant la porte. Gros plan sur Daria. Pause. 23 – INT. CAVE DE MACK Daria arrive dans l’encadrement de la porte et voit un Trent fulminant faisant face à Jesse. Jane se tient près de Jesse, les bras croisés avec irritation à cause de l’interruption de son frère. Trent : Qu’est-ce que t’étais en train de faire, Jesse ? Jesse : (Essayant de le calmer) C’est une fête, Trent. J’essaie de m’amuser un peu. Trent : (En réaction à son mot plutôt mal choisi) T’amuser ? C’est ma sœur, mec ! Jesse : Mais Trent, ta sœur est chaude. Trent : (En l’empoignant par la veste) Retire ce que tu viens de dire ! Ils en viennent aux poings, dans un combat acharné, qui continue hors écran, mais qui se laisse entendre très clairement. Sandi et Quinn entrent. Quinn : Les ga-ars ! Vous n’avez pas besoin de vous battre pour moi ! Zoom sur les quatre filles, le combat caché mais audible. Sandi : Ouais, tu as raison, Quinn, ils sont de toute évidence en train de se battre pour moi. Daria : En fait, je crois qu’ils se battent pour Jane. Quinn et Sandi : Jane ! ? ! Jane : Ouaip. Ça vous donne pas des convulsions ? Quinn et Sandi : Ouh ! Elles sortent dans un coup de vent. Jane : Je suppose que si. (Pause pendant qu’elles regardent la rixe hors champ) Hé ben, c’est… Daria : Flatteur ? Jane : Non. Daria : Effrayant et décevant ? Jane : Non. Daria : Embarrassément pathétique ? Jane : Ouais, tu y es. Pause. Daria : On devrait peut-être les séparer ou quelque chose comme ça ? Jane : Nan, laissons les se démerder tous seuls. Daria : T’es sûre ? Jane : A cet instant même, ils sont sur le mode Gars Flirteur contre Grand Frère. Si on les laisse continuer, ils vont réaliser combien tout ça est stupide et vont se rappeler qu’ils sont meilleurs potes. On rentre dans leur jeu, ils rentrent chez eux ennemis. Daria : Alors on les laisse se marteler à coups de poing pour sauver leur amitié ? Jane : Ouaip. Contente d’être une fille ? Daria : L’autre solution semble pas terrible. Donc tout ce qu’on fait c’est attendre qu’ils aient fini ? Jane : Et puis tu pourras soigner les blessures de Trent. Daria : (Regard menaçant) Excuse moi. Je vais aux toilettes. Jane : Besoin de gaze ? Daria : Non, mais toi tu vas en avoir besoin bientôt. Jane : Des menaces, hein ? (Sur un ton mélodramatique) Est-ce une façon de traiter une star ? Evan entre. Evan : Qu’est-ce qui – Jane : Ils se battent. Daria : Pour Jane. Evan : Pour Jane ? Daria : Tu sais, ces musiciens qui ont la vingtaine... Quand les passions débordent, ils en arrivent aux coups de poings. Evan : Les passions ? Daria : Pour Jane. Jane la regarde. Jane : Ben, c’est pas exactement – Evan : Pourquoi ils se battraient pour toi ? Jane décide de ne plus corriger le petit mensonge de Daria. Jane : Qui peut comprendre la façon de penser des hommes ? Pas toi, j’en suis sûre. Mais tu sais, je rencontre si peu de vrais hommes, je n’arrivais tout simplement pas à choisir. (Pause) Et ce sont des musiciens. Daria : Ils peuvent acheter de la bière. Légalement. Ils ont des tatouages et des piercings que nous n’avons pas encore vus. Jane : Enfin, que Daria n’a pas vus. Evan reste sans réponse. Il regarde d’un air menaçant, puis part. Jane et Daria échangent un regard. Jane hausse les épaules. Jane : Une petite victoire, mais toujours une victoire. Kévin, Brittany, Jodie et Mack entrent, sans se rapprocher de Daria et Jane. Kévin : Q’est-ce qui se passe ici ? Mack : (Sèchement) Je suppose que c’est une bagarre. Kévin : Mon frère, je crois que t’as raison ! Jodie : Ce sont ces gars plus vieux que nous avions vus avec Jane avant. Je me demande s’ils se battent pour elle ? Brittany : Mais je croyais que Jane sortait avec ce prof, là. Mack : Ouais. J’espère seulement que leur relation ne deviendra pas plate après le mariage. Kévin : Mariage ? ! Mon frère, il faut que je dise ça à quelqu’un ! Il sort. Mack regarde Jodie. Mack : Il faut vraiment que j’arrête les sarcasmes en sa compagnie. Jane et Daria se rapprochent. Jane : Salut les gars, vous appréciez le spectacle ? Jodie : Qui *sont*-ils ? Jane : Mon frère et son pote. Ils forment des liens affectifs. Brittany : Ton frère ? Jane : Ouais. Brittany : (Pensive) Mmm… Excuse-moi. Elle sort. Jodie : (A Jane) Ils se battent pour toi ? Daria : Frère surprotecteur rencontre meilleur ami coureur de jupons. Une histoire d’amour. Mack : Tu veux que je les sépare avec Kévin ? Jodie : Je crois que Kévin est occupé à organiser un enterrement de vie de garçon. Daria : Quoi ? Mack et Jodie : Non, rien. Jane : Hé. Où ils sont passés ? Daria : Quoi ? Plus de bruits de bagarre. Daria et Jane échangent un regard rapide, se séparent de Mack et Jodie, et regardent autour d’elles. Trent et Jesse ne sont visibles nulle part. Daria : Appelle ça intuition féminine si tu veux, mais je ne trouve pas ça de bon augure. Jane : On va probablement les retrouver. Joey, Jeffy et Jamie approchent, leur potentiel de flatterie réglé au maximum. Joey : Salut Jane. Jeffy : Tu étais vraiment bien dans la pièce, Jane. Jamie : Je t’ai trouvée encore meilleure que ça. Jane : Heu ! On reste calme. Qu’est-ce qui se passe ? Jamie : Est-ce que tu veux sortir avec moi ? Joey : Je l’ai vue en premier ! Jeffy : Non, c’est moi ! Jane : (A Daria) Partante pour une mission de reconnaissance ? Daria : (A Jane) Je vais sonder les dégâts. Elle sort. Joey, Jeffy et Jamie sourient stupidement à Jane. Joey : Tu as besoin d’un truc à boire ? Jeffy : Je peux aller t’en chercher un. Jamie : Je te raccompagnerai chez toi. Jane : Euh, Daria, attends ! Elle va à sa suite. 25 – INT. SALON DE MACK Daria se tient à côté d’une table à snacks, un soda à la main. Jane approche. Jane : Tu es là. Que Diable se passe-t-il ? Daria : Il est entendu que quelqu’un se battait pour toi. Certains parlent seulement de deux gars plus âgés. Certains pensent que Trent a tabassé Adam, tandis que d’autres soutiennent qu’Adam a défendu ton honneur face à Jesse. Brittany est convaincue que tu couches avec ton frère, mais Kévin semble troublé : il a dit à la fois que tu portais l’enfant de l’amour d’Adam et que tu sortais avec Quinn. Il était particulièrement enthousiasmé par cette dernière idée. Jane : Tu lui as proposé de lui vendre des photos ? Daria lui tend de l’argent. Daria : Voici ta part. Jane la prend. Jane : Bon, je me suis assez amusée pour une nuit. Ou j’en ai assez entendu. Allons-nous ramasser nos galants chevaliers et entreprendre joyeusement notre chemin vers nos maisons ? Daria : Je vais dire au palefrenier de préparer notre carrosse. 26 – INT. COULOIR CHEZ MACK. NUIT. Trent et Jesse, meurtris, sont assis sur le sol contre le mur, couverts de bleus et hors d’haleine. Jesse : C’était tellement idiot. J’arrive pas à croire qu’on a laissé une nana se fourrer entre nous comme ça. Trent le regarde. Jesse : Je veux dire une belle et pudique jeune fille. Je suis désolé, Trent. Trent : J’ai frappé en premier, Jesse. C’est ma faute. Mais une chose est sûre, ça n’arrivera plus jamais. Jesse : Ouais, il faut qu’on pense à notre art. Tu veux boire quelque chose ? Trent : Si je veux ? Tu peux le dire. Allons-y. Pause. Ils ne bougent pas. Trent : T’arrives à bouger ? Jesse : Non. Trent : Moi non plus. Jesse : Je suppose que c’est ce qui devait arriver. Ils restent assis, invalides. Jane et Daria les trouvent. Jane : Alors les gars, ça va mieux ? Trent : Tu peux nous apporter quelque chose à boire ? On a quelques problèmes pour… bouger. Jane : (Soupir) Bon, on peut oublier le chauffeur pour nous ramener. Trent : Je peux conduire. Jane : Ah ouais, vraiment ? Si tu arrives à sortir les clefs de ta poche à l’instant, je te laisserai t’installer derrière le volant. Pause. Trent : Peut-être que tu devrais appeler un taxi. Jane : Je le ferai. Daria, apporte voir de l’eau ou quelque chose à boire à ces garçons. Adam s’approche. Adam : Oh regarde. Le paralysé, le boiteux et l’aveugle. Jane : Non, seulement Dumb et Dumber. Celui qui est à droite est mon parent. Daria : Celui qui est à gauche est son soupirant maudit par le sort. Jane : Qu’est-ce que tu fais là ? Adam : Ce genre de choses me fait m’arrêter d’habitude. Je ne confie pas tous ces acteurs à mes techs. En fait, ils m’ont tous regardés de façon très bizarre. Aurais-tu une explication ? Daria et Jane se regardent. Daria : Heu, non. Je vais aller appeler ce taxi. Adam : Je peux vous ramener si vous voulez. Jane sourit pour elle-même. Jane : Merci beaucoup. Sortons-les d’ici. Adam tire Jesse à ses pieds tandis que Daria et Jane se saisissent de Trent. Celui-ci et Jesse gémissent, incapables de tenir seuls sur leurs pieds. Trent : Désolé pour tout ça, Daria. Je voulais pas te gâcher ta soirée. Daria : T’inquiète. C’était vraiment… divertissant. Trent : Je te saigne pas dessus, non ? Daria : Tais-toi, allons-y. Ils s’en vont. 27 – EXT. MAISON DE MACK. NUIT Jesse est sur la banquette arrière de la voiture d’Adam. Trent s’appuie sur celle-ci l’air hagard et Adam lui tend une flasque de whisky. Trent, reconnaissant, en boit un coup. Adam : (A Jane) OK, alors tu me montreras le chemin vers la maison de Jesse. Tu es sûre que c’est si difficile que ça à trouver ? Jane : (Qui se sera plus jamais sûre de rien dans sa vie) Oui. Tu seras incapable d’y arriver sans moi. Daria lève les sourcils d’un air inquisiteur, et Jane lui jette un regard qui la réduit au silence. Adam : OK, puis je te déposerai chez toi en revenant. Daria, tu peux ramener Trent avec sa voiture ? Daria est désemparée. Plan panoramique alors qu’elle regarde Trent, puis Jane – qui elle jette un coup d’œil à Adam et fait un geste de partir à Daria, puis de nouveau Trent, puis Adam. Gros plan sur Daria. Daria : Oui. Oui, je peux. Adam : Super. Prêt à partir ? Trent : Ouais. (Il lui rend la flasque). Merci pour tout. Adam : Pas de problème. C’est toujours marrant quand ce genre de trucs arrive aux autres. (En serrant la main de Daria) Bon boulot ce soir, Daria, je te prends dans mon équipe quand tu veux. Daria : J’y suis. A moins bien sûr qu’il ne soit question d’une pièce de quelque sorte. Adam monte dans sa voiture. Jane et Daria aident Trent à s’installer dans le siège passager de sa propre voiture. Jane : T’inquiète grand frère. Je suis sûre que quand on arrivera à la maison Maman te fera un bon bol bien chaud de soupe au poulet. Attend, non rien, la maman de quelqu’un d’autre en fait. Trent : Elle était bonne, Jany. Comme si on était une de ces familles à la télé ou quelque chose comme ça. Jane : Ben, le rire est le meilleur remède. Même si on peut faire de la pénicilline avec des croûtes de pizza moisies. Elle ferme la porte. Jane : Alors, Daria, c’est quand exactement que tu as eu ton permis de conduire ? Daria : Juste au moment où la maison de Jesse est devenue impossible à trouver. Jane : Oh, d’accord, alors. Je m’en rappelle maintenant. (Puis, tranquillement) Hé, on nous regarde. Daria : C’est un moment intéressant pour se préoccuper des services secrets gouvernementaux. Jane : Pas les services secrets. Brittany. Elle montre du doigt. Brittany les regarde depuis la fenêtre. Repérée, elle se baisse vivement hors de vue. Daria : Mea culpa. Encore plus d’eau pour le moulin de la rumeur. Jane : C’est toujours bien de leur jeter quelques miettes de temps à autre. Ils sont syndiqués, après tout. Adam klaxonne. Jane hausse les sourcils de manière suggestive et se dirige vers la voiture. Daria se dirige vers sa poignée de porte, fait une pause. Elle ouvre la porte, monte, boucle sa ceinture. Elle met sa main sur la clef, fait une pause. Elle regarde Trent, qui est à présent endormi sur son siège, et elle secoue la tête. Elle tourne la clef et la voiture démarre, au son de « Life In The Fast Lane » des Eagles qui passe à la radio. Daria sourit et ils s’en vont. FIN. GENERIQUE.